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La deuxième moitié du XXe siècle : la transformation

Après guerre, Wattrelos offre encore de vastes espaces.

Le grand plan de construction de logements prévu par le Comité Interprofessionnel du Logement récemment créé a le mérite de la cohérence : fini de construire n’importe quoi, n’importe où, n’importe comment. On commence par la cité Amédée Prouvost, à la Martinoire, qui gagne 70 logements (1947-1949), puis on enchaîne avec le Nouveau Laboureur et ses 483 logements, ses écoles, sa maison de l’enfance (actuel centre social du Laboureur)…

Le village des vingt hameaux devient celui des vingt chantiers !

Naît aussi la Mousserie : 2363 logements en six ans (1953-1959), ainsi qu’un centre commercial et une maison de l’enfance, sans oublier la Martinoire (399 habitations, projet achevé en 1966) et Beaulieu, au début des années 60, dont la plaine s’étale sur 50 hectares : 2400 logements édifiés dans une zone à urbaniser par priorité (Z.U.P.) auxquels s’ajoutent 40 logements pour personnes âgées et une centaine de maisons individuelles.

6 000 logements en 20 ans !

Si on additionne les 70 logements du Mont-à-Leux et les 137 de la rue des Patriotes pour les travailleurs étrangers, ce sont plus de 6000 logements qui apparaissent dans la commune en vingt ans. C’est-à-dire qu’en vingt ans, Wattrelos a construit deux fois plus de logements que dans les mille premières années de son existence !

Mais pour que Wattrelos ne soit pas une ville-dortoir, il lui faut des entreprises. Le Conseil municipal et le maire Jean Delvainquière en ont conscience : en 1959 est décidée l’édification d’une zone industrielle à la Martinoire, la première du département du Nord. Au départ, 35 hectares qui doivent rapidement être étendus, notamment pour pouvoir accueillir les filatures Prouvost Masurel (traitement de matières synthétiques, environ 1000 employés) et bien sûr La Redoute qui souhaite développer sa capacité de production. Tous les terrains de la zone trouvent preneurs, ce qui représente la localisation / création de quelque 3500 emplois.

C’est l’époque des firmes nouvelles qui vont porter le nom de Wattrelos bien au-delà des frontières : Flandria, ou Sarvyl Sarneige qui fournit les tapis de sport des Jeux Olympiques entre 1968 (Mexico) et 1980 (Moscou).

En 1967, 18 établissements industriels emploient à Wattrelos 11 000 salariés. Parallèlement au développement industriel, le développement commercial est spectaculaire à cette époque : il prend son essor et nombreux sont les commerçants qui investissent pour rénover et moderniser leurs boutiques.

Sur le plan démographique, la progression est impressionnante : on repasse la barre des 30 000 habitants en 1954 ; 14 ans plus tard (1968), elle atteint le chiffre de 43 754 ! Un tiers de cette population a moins de vingt ans.

C’est la raison pour laquelle il est nécessaire d’accélérer l’offre en équipements publics : des écoles évidemment (Wattrelos compte 10 000 élèves en 1970 !), mais aussi des moyens pour la culture, la formation, la promotion. C’est ainsi que dès 1951, l’école Lakanal gagne six classes de filles ; les écoles maternelles Ferdinand Buisson et Michelet apparaissent ; trois classes sont ajoutées aux écoles de garçons du Crétinier, de la Baillerie, ainsi qu’à l’école de filles de Beaulieu. S’élèvent également de nouveaux groupes scolaires au Sapin Vert (1955), ainsi qu’à la Martinoire (1965) et à la Z.U.P. de Beaulieu. Ainsi, 60 nouvelles classes sont ouvertes entre 1953 et 1958, puis 41 jusqu’en 1965 et 37 dans les années suivantes.

Si l’on résume : de 87 classes en 1947, la ville est passée à 299 en 1970 (enseignements public et privé confondus).

L'enseignement secondaire : une longue revendication

La création de cantines suit le même rythme : 500 convives avant guerre ; plus de 3000 dès 1967, répartis dans 12 restaurants. Même logique pour les camps de vacances ouverts dans tous les quartiers, les colonies (Bois-Jean, puis Wimereux), les classes de neige (dès 1969).

Il faut être plus patient pour l’enseignement secondaire : on n’accorde à Wattrelos qu’une annexe du lycée de Roubaix (une classe de 6ème en fait, soient 28 élèves en 1953), puis un lycée mixte dans deux classes de l’ancienne gare désaffectée depuis 1914, des classes de 5ème, 4ème, puis de 3ème et enfin, enfin, la création de nouveaux établissements dignes de la population wattrelosienne. Le lycée Emile Zola en 1968 pour 900 élèves et un collège d’enseignement secondaire au Crétinier (Nadaud en 1970).

Sous l’impulsion d’Alain Faugaret, lui-même instituteur et élu maire en 1971, la construction de lieux d’accueil pour la petite enfance et d’enseignement va connaître une impulsion nouvelle : création de crèches (Florimond Lecomte et Léo Lagrange en 1978), y compris à domicile (1973) – les premières du Nord – ainsi que des écoles maternelles Jacques Brel, Pauline Kergomard, Ferdinand Buisson relocalisée, l’élémentaire Jean Jaurès, des groupes scolaires Camus (1972), Brossolette (1973), Curie (1980), un autre collège (Neruda, 1975), le lycée d’enseignement professionnel Alain Savary… sans vouloir être exhaustif !

Durant ce temps, la prospérité de l’industrie textile s’étouffe : mono-industrie représentant 56 % de l’activité wattrelosienne en 1970, elle ne représente plus que 32 % en 1982 (3600 salariés tout de même), devant la vente par correspondance (La Redoute) et ses 2000 employés. Le secteur tertiaire, en revanche, progresse : 991 emplois en 1970, plus de 3600 en 1985, mais pas suffisamment pour compenser le recul du textile, de sorte que le chômage augmente (12 % en 1985, soit plus que les moyennes régionale et nationale).

A l’époque, Wattrelos possède de grandes entreprises aux reins encore solides : le groupe Prouvost, La Redoute, la filature Saint-Liévin, les filatures du Sartel, les Tapis Saint Maclou, Intissel. Hélas, trois d’entre elles ne verront pas le XXIème siècle (Peignage Amédée, La Lainière, les filatures du Sartel), une autre fermera ses portes en 2003 (Saint-Liévin), une autre encore perdra son unité de production (Saint Maclou)… La crise économique débutée dans les années 70 sera terrible à Wattrelos.

De l'ambition, des projets

En conclusion : depuis la seconde guerre mondiale Wattrelos a véritablement changé de siècle, devenant une vraie ville autonome, de la taille d’une préfecture (voire plus grande parfois !), avec des équipements publics correspondants, à la fois pour les jeunes et les personnes âgées (quatre résidences non médicalisées sont édifiées entre 1973 et 1987), une offre culturelle, sportive, de loisirs abondante, une ville ayant su rester verte (un énorme parc urbain s’étend sur 40 hectares en plein centre-ville), à dimension humaine, associative, festive, conviviale et moderne.

Certes, les besoins sociaux demeurent très importants et son budget est toujours aussi contraint et serré. Sans vivre au-dessus de ses moyens, la Ville ne manque pourtant ni d’ambitions ni de projets, comme le prouvent le rythme annuel de ses investissements, sa volonté de rénover ses quartiers (le Crétinier et la Mousserie dans les années 90, Beaulieu dans les années 2000) et son souci de renouveau économique afin de favoriser l’emploi (aménagement de parcs d’activités, reconversion de friches industrielles).

C’est dans un esprit de préservation de son patrimoine, de son identité et de reconquête urbanistique et économique qu’elle aborde le siècle nouveau.